January 11, 2011

"Bonne année"

Voici un texte trouvé dans "Propos sur le bonheur", écrit par un superbe philosophe français Alain, à propos de la nouvelle année, et surtout de la bonne humeur.
Here is a great text found in "Propos sur le bonheur" (Talk about happiness), from a great french philosopher, about the new year, and above all the good mood.
Ecoutez bien ses conseils.
Listen carefully his advises.


Tous ces cadeaux, en temps d'étrennes, arrivent à remuer plus de tristesses que de joies.
Car personne n'est assez riche pour entrer dans l'année nouvelle sans faire beaucoup d'additions ; et plus d'un gémira en secret sur les nids à poussière qu'il aura reçus des uns et des autres, et qu'il aura donnés aux uns et aux autres, pour enrichir les marchands.
J'entends encore cette petite fille, dont les parents ont beaucoup d'amis, et qui disait, en considérant le premier buvard qu'elle recevait à une fin d'année : « Bon, voilà les buvards qui arrivent. »
Il y a bien de l'indifférence, et aussi des colères rentrées, dans cette fureur de donner.

L'obligation gâte tout.

Et en même temps les bonbons de chocolat chargent l'estomac et nourrissent la misanthropie. 

Bah ! Donnons vite, et mangeons vite ; ce n'est qu'un moment à passer.

Venons au sérieux.

Je vous souhaite la bonne humeur.
Voilà ce qu'il faudrait offrir et recevoir.
Voilà la vraie politesse qui enrichit tout le monde, et d'abord celui qui donne.
Voilà le trésor qui se multiplie par l'échange.
On peut le semer le long des rues, dans les tramways, dans les kiosques à journaux ; il ne s'en perdra pas un atome. Elle poussera et fleurira partout où vous l'aurez jetée.

Quand il se fait, à quelque carrefour, un entrelacement de voitures, ce ne sont que jurons et invectives, et les chevaux tirent de toutes leurs forces, ce qui fait que le mal s'aggrave de lui-même. Tout embarras est ainsi ; facile à démêler si l'on voulait sourire, mesurer ses efforts, détendre un peu toutes les colères qui tirent à hue et à dia, mais bientôt noeud gordien, au contraire, si l'on tire en grinçant des dents sur tous les bouts de corde. Madame grince ; la cuisinière grince ; le gigot sera trop cuit ; de là des discours furibonds.
Pour que tous ces Prométhées fussent déliés et libres, il ne fallait pourtant qu'un sourire au bon moment. Mais personne ne songe à une chose aussi simple.
Tous travaillent à bien tirer sur la corde qui les étrangle.
La vie en commun multiplie les maux.

Vous entrez dans un restaurant. Vous jetez un regard ennemi au voisin, un autre au menu, un autre au garçon. C'en est fait. La mauvaise humeur court d'un visage à l'autre ; tout se heurte autour de vous ; il y aura peut-être des verres cassés, et le garçon battra sa femme ce soir.
Saisissez bien ce mécanisme et cette contagion ; vous voilà magicien et donneur de joie ; dieu bienfaisant partout.
Dites une bonne parole, un bon merci ; soyez bon pour le veau froid ; vous pourrez suivre cette vague de bonne humeur jusqu'aux plus petites plages ; le garçon interpellera la cuisine d'un autre ton, et les gens passeront autrement entre les chaises ; ainsi la vague de bonne humeur s'élargira autour de vous, allégera toutes choses et vousmême. Cela est sans fin.

Mais veillez bien au départ.
Commencez bien la journée, et commencez bien l'année.

Quel tumulte dans cette rue étroite ! que d'injustices, que de violences ! le sang coule ; il faudra que les juges s'en mêlent. Tout cela pouvait être évité par la prudence d'un seul cocher, par un tout petit mouvement de ses mains.

Sois donc un bon cocher. Donne-toi de l'aise sur ton siège, et tiens ton cheval en main.

English version :

All these gifts in Christmas time (time for gifts), come to stir more sadness than joy.
Because nobody is rich enough to enter the new year without a lot of additions, and more than one will groan secretly on nests dust received from each other, to enrich the merchants.

I still hear that little girl, whose parents have many friends, who said, considering the first blotter she received in this end year time : "Well, now the blotter's coming. "
There are a lot of indifference, and also suppressed angers in this fury of giving.
The obligation spoils everything.
And at the same time candies chocolate loaded stomach and nourish the misanthropy.
Oh! Give quickly and eat quickly, this is a moment to pass.
Just seriously.
I wish you good mood.
That is what should be give and receive. That is true politeness that enriches everyone, and first, the giver. This is the treasure that multiplies by the exchange.
We can sow it along the streets, in trams, in the kiosks, it does not lose an atom.
It will grow and bloom wherever you have discarded it.

When there are, at any intersection, an intertwining of cars, it's just profanity and invective, and the horses pull all their forces, which is getting worse than the disease itself.

Embarrassment is well easy to unravel if we wanted to smile, to measure our efforts,
relax a little every anger that take to hue and slide, but soon Gordian knot, on the contrary, if it pulls all his teeth on the ends of rope.
Ms. creaks; the stove grates, the leg will be overcooked, thence furious speeches.
To that all these loose and free Prometheus, it was nevertheless a smile at the right time.

But nobody thinks of something so simple. Everybody work well to pull the rope that strangles.

Living together multiplies evil.
You enter a restaurant. You take a look enemy neighbor, another to the menu, another to the boy.
It is done.
The moody short of a face to another, all faces strikes around you, there may be broken glass,
and the boy will beat his wife this evening.
Grasp this mechanism and the contagion;
you are magician and giver of joy, everywhere beneficent God.
Say a kind word, a good thank you, so be good for cold veal,
you can follow the wave of good mood to smaller beaches,
the boy will challenge the kitchen a different tone, and people otherwise pass between the chairs and the wave good mood will expand around you, and lighten everything yourself.
It is endless. But be sure to start well.
Start your day and start the year well.

What tumult in this narrow street! what an injustice, what a violence !
the blood is flowing and it would require that judges would mix in.
All this could be prevented by the prudence of a single tickman, a any slight movement of his hands.

So be a good tickman.
Put yourself comfortable in your seat and hold your horse in hand.

Bonne humeur - La chanson du dimanche
(Good mood - "La chanson du dimanche",
a french band who posts every sunday a new funny song,
very good "group")


Elodie Hope Springs

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